Sans dossiers : comment Notez organise les notes

Productivity

Notez n’a pas de dossiers. C’est le choix de conception sur lequel on m’interroge le plus, alors je m’explique.

Un dossier impose une question au moment du rangement — où est-ce que ça va ? — puis vous punit si vous répondez mal. Une note de réunion sur la tarification du lancement mobile a sa place dans Réunions, Tarifs, Mobile et T3. Un dossier vous oblige à en choisir un. Alors soit vous choisissez mal, soit vous construisez une arborescence qui n’avait de sens que le jour où vous l’avez construite.

Notez remplace cette dimension unique et rigide par quatre dimensions qui se recoupent.

Étiquettes

Les étiquettes font l’essentiel du travail. Elles ont une couleur, se gèrent depuis la barre latérale, se renomment et se suppriment, et une note peut en porter autant qu’il lui en faut.

En interne, une étiquette est une propriété intégrée à sélection multiple nommée Tags (« Étiquettes » dans l’interface). Ce n’est pas un détail : cela veut dire que les étiquettes passent par le même mécanisme de filtrage et de tri que tout le reste.

Sous-notes

Toute note peut avoir des sous-notes, sur autant de niveaux que vous voulez. Ouvrez une note : elle a une section Notes enfants avec Ajouter une sous-note ; le fil d’Ariane montre le chemin pour remonter.

C’est là que la vraie hiérarchie a sa place : un projet avec ses réunions, un livre avec ses chapitres. La différence avec les dossiers, c’est que l’imbrication tient à la note elle-même : ce n’est pas un conteneur dans lequel elle vit. La note parente a un vrai contenu, pas seulement une liste de fichiers.

Tableaux

N’importe quel ensemble de notes peut s’afficher en tableau kanban. Les colonnes viennent d’une propriété intégrée à choix unique, Board (« Tableau » dans l’interface), et la Vue tableau donne des cartes à glisser-déposer, un ajout rapide par colonne et des images de couverture sur les cartes.

Les tableaux suivent l’arborescence : les notes de premier niveau utilisent le tableau de l’espace de travail, et les notes enfants celui de leur parent. Une note de projet a automatiquement son propre tableau, fait de ses sous-notes. Il n’y a pas d’étape « transformer en tableau » à part.

Carte déplacée par erreur ? ⌘Z.

Propriétés personnalisées

C’est la couche qui rapproche les notes d’une base de données. Onze types de propriétés :

Type

Description

Texte

Une seule ligne de texte

Nombre

Une valeur numérique

Date

Une date du calendrier

Case à cocher

Une case à cocher oui / non

URL

Un lien web

E-mail

Une adresse e-mail

Téléphone

Un numéro de téléphone

Sélection

Un choix parmi une liste d’options

Sélection multiple

Plusieurs choix parmi une liste

Relation

Des liens vers d’autres notes

Membre

Une ou plusieurs personnes de l’espace de travail

Les propriétés appartiennent à l’espace de travail : une propriété Status définie une fois est disponible sur toutes les notes de cet espace. Les options des propriétés à sélection unique ou multiple ont leurs couleurs et leur propre ordre.

La Relation mérite qu’on s’y arrête : elle relie des notes à d’autres notes sous forme de données structurées. Une propriété Client sur chaque note de réunion, qui pointe vers la note du client, donne ce qu’une étiquette ne peut pas donner : une vraie référence, sur laquelle on peut filtrer et qu’on peut suivre.

Tags et Board sont des propriétés intégrées qu’on ne peut pas supprimer, et c’est pour cela qu’elles se comportent de la même façon partout.

Filtres et vues

L’organisation ne vaut l’effort que si elle vous aide à retrouver les choses.

  • Jusqu’à 10 filtres de propriétés combinés à la fois, reliés par un ET

  • Des opérateurs comme « le texte contient », les plages de nombres et les plages de dates

  • Un filtre par étiquettes ou par la corbeille ; le chat IA et les assistants MCP filtrent aussi par type de note, par favoris et par notes de premier niveau

  • Un tri par date de création, date de modification, titre ou n’importe quelle propriété personnalisée

  • Trois vues : Table (avec un sélecteur de colonnes), Grille et Tableau

Le tri et les filtres sont stockés dans l’URL : vous pouvez garder en marque-page une portion précise de votre espace de travail, ou vous l’envoyer. La vue choisie est mémorisée par espace de travail et par note, dans ce navigateur.

Un manque, pour être honnête : il n’y a pas de vues enregistrées. Les filtres vivent dans l’URL, et les vues nommées n’existent pas encore.

Favoris et corbeille

Les Favoris ont leur propre section dans la barre latérale : marquez une note d’une étoile dans son en-tête, ou choisissez Ajouter aux favoris dans le menu d’une carte. La Corbeille garde les notes supprimées pendant 30 jours ; Supprimer dans le menu d’une carte y envoie la note, et ⌘Z la ramène aussitôt.

Espaces de travail

Au-dessus de tout cela, il y a les espaces de travail. Chacun a ses propres notes, étiquettes, propriétés, tableaux, conversations avec l’IA et clés d’API. Le travail et le personnel restent séparés pour le chat IA et pour une clé MCP : une clé liée à un espace de travail ne voit pas les autres. Si vous connectez Claude, ChatGPT ou VS Code en vous identifiant, la connexion accède à tous les espaces de travail dont vous êtes membre.

Depuis la v0.3.0, un espace de travail peut aussi accueillir plusieurs personnes : le propriétaire invite des membres par e-mail, et tous partagent les mêmes notes, étiquettes, propriétés et tableaux. Chaque espace de travail a son avatar et son onglet de paramètres, si bien que plusieurs espaces partagés se distinguent d’un coup d’œil.

Ce que le partage n’ajoute pas, volontairement, c’est une deuxième dimension d’organisation. Pas de permissions par note, pas de notes privées dans un espace partagé, pas de dossiers par personne. L’unité d’accès est l’espace de travail, la même frontière que respectent déjà l’IA et les clés MCP.

Comment commencer, concrètement

Ne construisez pas de système le premier jour. Il sera faux.

  1. Capturez tout, sans aucune organisation.

  2. Quand un type de note revient, ajoutez une étiquette.

  3. Quand vous devez suivre un état, ajoutez une propriété à choix unique et passez en vue tableau.

  4. Quand il vous faut des données structurées (dates, clients, statuts), ajoutez les propriétés correspondantes.

La structure doit se dégager de ce que vous écrivez vraiment, pas être conçue à l’avance. C’est le vrai argument contre les dossiers : ils exigent le schéma d’entrée de jeu, avant que vous sachiez quoi que ce soit.

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